Quels sont les risques encourus par le CIO ?

Un certain nombre de risques sont à considérer par le CIO, comme les procédures appliquées pour le choix d’une ville candidate aux JO (politique nationale, …) et leurs contrôles, l’application de critères mesurables pour le maintien d’un sport au profit d’un autre aux Jeux Olympiques (conflit entre ancien sport et sport « fun » / « gigantisme » des JO), l’incitation à la mise en place d’une hiérarchisation juridictionnelle dans les FI et l’accès au TAS (Ex : FILA durant les JO 2008), la définition des règles appliquées pour la redistribution de la recette olympique, les contrôles sur l’application des plans de développement (Ex : Fédération Internationale de Judo : IJF aucun point de contrôle), la « concurrence » entre CIO et les FI sur le développement du sport (reconnaissance d’Etats pour la création de CNO et de FNS), l’utilisation de la recette olympique (FI ou CNO) à des fins détournées (trafic d’armes), etc.

Mais les plus grands risques à considérer pour le CIO ces prochains mois sont :

– l’utilisation de l’image « anti-corruption » pour la création d’un « World Anti-Corruption Agency » (WACA) comme le proposait Dick Pound[1] en 2009 et ce qui signifierait : « management du sport = corruption » !

– la création d’un organe de contrôle dans UN Watch[2] (défense du droit des athlètes);

– l’appropriation par une autre organisation de l’organe de contrôle (intérêts financiers);

– la pression des médias (idem qu’en 1998-1999, avant le Rapport CIO 2000);

– le nouvel organe serait propriétaire d’un grand média international (Ex : défense des consommateurs, c’est-à-dire des athlètes);

– contrairement à l’AMA ou au TAS, le nouvel organe ne serait plus directement lié au monde du sport;

– etc.

Mais le plus grand risque réside en la lenteur du CIO au changement, c’est-à-dire à réagir et à créer rapidement un organe de contrôle indépendant.

Un exemple concret, pouvant prendre de vitesse le monde du sport, serait que les commissions chargées des lois sur le sport à la commission européenne, poussée par les grands médias européens élaborent une loi sur les droits TV, comme un plafond maximal, une clé de répartition avec un impôt à la source revenant au Pays de la signature – 30% devant être reversé pour des projets d’aide au développement et aux projets sportifs des pays du Sud – 40% devant retourner au pays organisateur (avec une part de 10% d’impôts) et 30% pouvant rester dans les caisses de la FI. Un autre exemple pourrait être que ces mêmes commissions exigent de la part du monde du sport que les coutumes disparaissent au profit de règles strictes, règles que la Communauté européenne aurait édictées et proposées comme seule alternative au monde du sport[3]. Tandis que si une agence indépendante existait, légitimée par l’ensemble des organismes sportifs mondiaux, qui édicterait ces règles et qui aiderait les FI à transformer leurs coutumes en règles.



[1] Dick Pound : membre du CIO et premier CEO de l’AMA

[2] UN Watch est une organisation qui est chargée de vérifier systématiquement l’application de la charte des Nations Unies par le système onusien.

[3] Voir « Traité de Lisbonne »